Qu'est-ce que le Google Design Sprint ?
Le Google Design Sprint (GDS) a été développé chez GV, anciennement Google Ventures, la société de capital-risque qui finance les entreprises technologiques à tous les stades de leur développement. Il combine stratégie commerciale, innovation, sciences comportementales et design thinking en une approche unique qu'une équipe peut mener en une semaine. L'ouvrage de référence est le livre Sprint, écrit par Jake Knapp avec John Zeratsky et Braden Kowitz, qui demeure la source principale à lire avant de vous lancer.
Le processus s'appuie sur le Design Thinking — comprendre l'utilisateur, définir le problème et tester des solutions avant de s'engager — puis recherche des perspectives concrètes grâce à des solutions rapides, au prototypage et aux tests utilisateurs. Il se compose de cinq phases, chacune durant environ une à huit heures.
1. Comprendre. L'objectif est de partager les connaissances afin que l'équipe puisse identifier ensemble le problème métier. Vous réunissez tout le monde pour faire le point sur les acquis via des « lightning talks », de courtes présentations de dix à quinze minutes sur les objectifs commerciaux, les enseignements issus de la recherche utilisateur, un aperçu de la concurrence et les opportunités techniques. Notez bien ce que cette journée n'est pas : elle sert à déballer les connaissances que l'équipe possède déjà. Si ces connaissances n'existent pas encore, une matinée de présentations ne suffira pas à les créer.
2. Esquisser. Un effort individuel. Chacun produit une solution détaillée, généralement sur papier, car c'est rapide, gratuit à modifier et cela permet à toute l'équipe de participer, même à ceux qui n'ont jamais utilisé d'outil de wireframing. Pour les problèmes vastes et complexes, il peut être utile de diviser le problème en segments et d'en attribuer un à chaque personne. Le but est le volume : générer autant d'idées que possible.
3. Décider. Il s'agit de choisir l'idée qui sera prototypée et d'identifier où vos solutions pourraient entrer en conflit avec vos objectifs et vos capacités. Commencez par lister vos hypothèses concernant le budget, les utilisateurs, les capacités technologiques et les moteurs commerciaux. Examinez ensuite chaque idée au regard des conflits qu'elle génère. Les solutions irréalisables sont écartées, ne laissant que les meilleures pour créer un storyboard détaillant chaque interaction étape par étape. Ce storyboard devient le cahier des charges de votre prototype.
4. Prototyper. Une journée pour construire quelque chose que vos utilisateurs pourront tester. Utilisez ce avec quoi vous êtes à l'aise : carton, colle et couleurs pour une construction physique, ou esquisses numériques.
5. Valider. Au quatrième ou cinquième jour, faites venir un groupe d'utilisateurs finaux pour tester le prototype et assurez-vous que toute l'équipe observe leurs interactions, en direct ou via des enregistrements. Faire appel à des experts et aux parties prenantes pour une revue est également utile. Le sprint est linéaire, mais vous êtes encouragé à réviser et à réitérer en fonction des enseignements tirés de cette première expérience.